Immigration clandestine : à la recherche d’un eldorado illusoire

Migrants Africains

Immigration : phénomène qui consiste, pour des personnes appelées migrants, à entrer sur un territoire donné pour y séjourner ou y vivre.

L’imigration devient clandestine lorsque l’arrivée sur le territoire en question se fait dans l’illégalité et de manière frauduleuse.

Ce billet, je le fais dans le but de partager des informations qui m’ont révoltées et choquées. Essayons ensemble d’en apprendre plus sur ce phénomène qui pousse des personnes à tout abandonner pour un périple plus qu’incertain.

  • Le commencement.

Carte de routes migratoires

Partis de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Sénégal, de la Somalie, des 4 coins d’Afrique en gros ou encore de l’Afghanistan, ils sont au moins 150 000 à confier leur argent et leur vie à des « passeurs » chaque année. Ces derniers ont la lourde sinon légère tâche de les de leur faire traverser la Méditerranée avant l’arrivée en Europe.

Les passeurs ce sont ces gens, organisés le plus souvent en réseaux (très illégaux). Ils promettent monts et merveilles, ils jurent par tous les dieux que tout se passera bien et qu’il n’y aura aucun souci. En contrepartie ils vous demandent juste une astronomique somme d’argent qui est très loin de correspondre au service qu’ils offrent. Et je me pose une question toute simple, pourquoi les passeurs ne traversent-ils pas eux-mêmes les frontières si tout est bien de l’autre côté ? Les forfaits varient entre 500 000 et 1 million de cfa  (700 à 1500 euros) quasiment le prix d’un billet d’avion.

Qu’est ce qui les pousse donc à choisir l’immigration clandestine quand ils ont les moyens financiers ?

 

  • Détermination et raisons des migrants.

Causes de l’immigration clandestine

Ils n’ont pas tous de gros moyens et sont souvent obligés d’emprunter de l’argent avec des proches ou de vendre leurs affaires. Tout cela dans le but de se préparer à ce voyage. L’obtention du visa est l’une des causes majeures qui entraînent ces jeunes vers une mort certaine en mer. Passer par une ambassade est bien trop compliqué avec les procédures interminables et le plus souvent la décision est : visa refusé.

Ils sont déterminés et pas assez conscients de ce qui les attend. Ceux qui tentent cette aventure ont seulement 5 % de chance d’atteindre l’Europe. Et malgré ce chiffre dérisoire, ils sont de plus en plus nombreux à embarquer.

Les raisons sont légitimes et simples :

  • Pauvreté, misère de leurs pays d’origine. Ils rêvent de meilleurs lendemains en rejoignant l’Europe.
  • Chômage, manque d’emploi alors qu’ils sont instruits et diplômés pour certains.
  • Manque chronique d’informations sur les réalités de l’immigration clandestine.
  • Guerre, assassinats politiques, ils s’enfuient pour sauver leurs vies.
  • Il y a un certain mythe de l’Europe qui leur faire croire que tout est rose de l’autre côté du rivage.
  • Prolifération des bureaux de passeurs qui se rapprochent de plus en plus de leurs cibles
  • Influence négative des médias et des réseaux sociaux.

 

  • Conditions de voyage et corruption des passeurs.

 

Il y a une asymétrie d’informations qui est très déplorable. Les futurs migrants n’ont aucune idée de ce qui les attend. On leur dit que tout se passera bien et qu’il n’y aura pas de frais supplémentaires. On ne leur dit pas les conditions atroces, on ne leur dit pas qu’ils risquent de mourir en chemin.

Le voyage ou plutôt le périple est plus que dangereux. Des marches dans le désert aride et chaud en passant par les montagnes qu’il faut escalader, les migrants sont soumis à rude épreuve. Sans oublier la grande traversée dans des bateaux de fortune (nous y reviendrons plus tard).

Ils sont maltraités, volés, battus, abattus, souvent violés par les passeurs. Entassés dans des voitures ou cachés dans des buissons dans le désert, la nourriture et les besoins vitaux deviennent un luxe pour ces migrants. Pendant le voyage, certains sont incarcérés dans des prisons où ils sont privés de toute dignité. Les ravisseurs les détiennent et les torturent jusqu’à ce qu’ils reçoivent des sommes d’argent provenant des familles en échange de leur libération. Les femmes sont obligées de se faire passer pour des hommes de peur d’être violées. Les migrants sont à la merci de ces passeurs surtout en Lybie : extorsion, travaux forcés, trafic humain, conditions inhumaines et dégradantes. Tel est le quotidien de ces hommes et femmes qui étaient pourtant partis pour de meilleurs lendemains.

 

  • Passage catastrophique sur la Méditerranée.

Migrants en Méditerannée

Ils embarquent la plupart du temps de nuit pour échapper aux gardes et à la police. Mais peut-être aussi pour ne pas qu’ils soient pris de panique lorsqu’ils verront le « bateau » ou le nombre de personnes qu’ils sont pour cet étroit morceau de bois.

Un petit bateau de pêche auquel on accroche un moteur et c’est parti. Ces embarcations sont totalement inadaptées pour ne pas dire pourries. Ils sont entassés à plusieurs, pour les passeurs pas question de lésiner sur le nombre. Ils veulent rentabiliser la traversée au maximum.

Certains sont mis dans des cales lorsque l’embarcation est grande, il n’y a pratiquement pas d’air, que des odeurs suffocantes de vomis et d’autres choses. Les petits bateaux eux sont troués, ils prennent l’eau de toute part et peuvent chavirer d’un moment à l’autre à cause du trop grand nombre de passagers. C’est ce qui arrive dans la plupart des cas.

250 Km de mer à traverser, 21 heures de trajet et 99 % de chance de couler.

L’humeur de la mer et l’état du bateau ne sont pas les seuls soucis des migrants. Certains gardes maritimes, lorsqu’ils croisent des bateaux de migrants, enlèvent le moteur et prennent l’essence (1H20min). Les laissant ainsi à la merci du courant. D’autres encore leur tirent dessus et reviennent repêcher les survivants des heures plus tard…

Lampedusa, île Italienne, 3 Octobre 2013. Un bateau transportant 500 migrants Africains chavire. On dénombre 366 morts, le monde entier est choqué. Mais le choc ne durera que quelques semaines…

3600 morts en mer en 2 ans, 5000 morts en 2016 et déjà 1000 morts pour le premier trimestre de 2017. On se doute bien que ce sont des chiffres qui ont été revus à la baisse, des chiffres approximatifs pour des vies qui elles, étaient bien réelles…

 

  • La communauté Internationale.

Migrants en Méditerannée

On pourrait donc se demander ce que font nos dirigeants face à ce fléau qui ne cesse de croître. Parce qu’il faut qu’on se le dise, tant qu’il y aura les guerres, la famine, la pauvreté, il y aura toujours des migrants. Il y aura toujours des gens qui voudront quitter leurs pays à tout prix car ils seront las de souffrir.

Les rares bateaux de sauvetage qu’on peut voir sur la mer proviennent de l’ONG SOS Méditerranée et de la Croix Rouge. Ils tentent tant bien que mal de venir en aide à ces migrants qui sont livrés à eux-mêmes. 14 000 personnes ont pu être sauvées grâce à eux.

On peut donc déplorer le manque de moyens suffisants en méditerranée. Mais avant ça le déficit de sécurité et la corruption des différentes autorités locales qui se trouvent dans les pays qui sont sur la route empruntée par les migrants.

Je ne pense pas qu’on puisse contenir ces demandeurs d’asile parce qu’ils trouveront toujours un moyen de fuir la misère.

 

  • La conclusion.

Afrique-Crépuscule

 

À la fin de ce périple, ceux qui sont en vie pour témoigner sont presque tous unanimes : si c’était à refaire, ils diraient non. Et s’ils avaient un message à faire passer à ceux qui veulent tenter l’aventure ce serait : ne le faites pas.

La désillusion est bien réelle à leur arrivée. La vie est difficile, et entrer dans la légalité et avoir un travail est quasiment impossible pour eux. Ils passent des journées dans des centres pour migrants, à ne rien faire. Pour la majorité, ils se verront refuser l’obtention des papiers et seront rapatriés dans leurs pays d’origine. D’autres s’échapperont mais une vie de précarité et encore plus clandestine les attend en Europe.

Au-delà de ça, certains ne sont pas découragés. Au contraire ils pourraient retenter ce voyage. Pourquoi ? Simplement parce que la réalité qu’ils subissent chaque jour est insupportable et finira par les tuer aussi bien que la Méditerranée. Autant tenter sa chance vu que le résultat sera le même.

Cependant, ce phénomène demeure un fléau vu qu’il est question de milliers de vies humaines et d’avenir. Réduire le nombre de migrants pourrait passer par ces solutions :

  • Améliorer les conditions de vie de toutes ces personnes qui fuient les zones pauvres.
  • Nos dirigeants devraient créer plus d’emplois et de structures pour occuper ces jeunes désœuvrés
  • Mettre fin aux guerres qui ravagent les pays et poussent les victimes à fuir
  • Mener des campagnes de sensibilisation afin d’éduquer et de montrer aux possibles candidats ce à quoi ils s’exposent réellement.

 

Il faut empêcher les gens de partir.

Il faut donc les retenir et leur offrir des possibilités d’avenir. Augmenter la sécurité ou la surveillance des frontières, dans le désert ou en mer ne changera rien. Car je reste convaincue que si on leur donne de bonnes raisons de rester dans leur pays, ils ne penseraient même plus à rejoindre l’Europe avec ce risque de périr en chemin.

 

 

Sources : https://www.youtube.com/results?search_query=immigration+clandestine

Wikipedia

https://hemisphere-africa.com/

 

 

8 Commentaires

  1. J’ai les larmes aux yeux. J’espère juste que cet magnifique article arrivera à bon port même si ces malheureux migrants n’y arrive presque jamais

  2. Mannnci beaucoup.
    Ma petite contribution :
    Voilà pour moi, comment on peut résoudre ce phénomène d’immigration clandestine, à court, moyen et long terme. Ainsi, je propose deux solutions immédiates et sine qua none:

    1. A l’Europe, je propose qu’elle réécoute la chanson de Tiken Jan Fakoly « Ouvrez vos frontières » de l’album « Africain »

    2. A l’Afrique, je propose qu’elle améliore les conditions de vie des populations et mette en place une politique d’éradication de la pauvreté et du chômage des jeunes.

    Mdr

  3. Dès que j’entends parler de d’immigration, le sujet m’interpelle. Ici, en Haïti, mes compatriotes s’affluent vers les États-Unis à la recherche du rêve américain, vers la République dominicaine, le Chili et le Brésil. Retenir les miens et leur offrir des possibilités d’avenir? Une belle perspective qui est loin du compte d’être réalisable. Il faudrait leur offrir un « rêve » haïtien…
    Beau billet !

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *