Une si longue lettre de Mariama Bâ

Une si longue lettre de Mariama Bâ

Genre : Roman

Pages : 131

Oeuvre intemporelle, encore d’actualités aujourd’hui. Oeuvre classique et simple. C’est sûrement la raison pour laquelle, ces lignes écrites dans Une si longue lettre par Mariama Bâ résonnent encore aujourd’hui, si fortement, dans cette société africaine et partout dans le monde.

Une si longue lettre, c’est une série de lettres, entre deux amies que nous allons découvrir.

C’est l’un des romans les plus connus ici, sous nos cieux africains. C’est un cri de coeur, pour informer, pour dénoncer ou tout simplement pour exprimer les souffrances et le ras de bol de ces épouses trahies, trompées et abandonnées. 

Parlons de l’oeuvre

Ramatoulaye écrit plusieurs lettres à son amie d’enfance Assetou. Elle y raconte ainsi leurs aventures de l’école primaire jusqu’à ce qu’elles deviennent des adultes et épouses. Elles sont maintenant séparées par la distance. Ramatoulaye a vécu le pire dans sa vie de femme africaine et ressent le besoin de coucher sur du papier sa douleur et de se confier à Assetou.

Après 25 années de mariage, Modou Fall, l’époux de Ramatoulaye décide de prendre une seconde femme. Sans en informer son épouse, il se marie à une jeune fille de moins de 18 ans qui est de surcroît la meilleure amie de sa fille.

Elle doit alors faire face à l’humiliation, aux railleries et moqueries, mais surtout à l’abandon de son époux. La mort brutale de ce dernier, est l’élément déclencheur. Cela la pousse à confier sa douleur. Mais aussi son veuvage et son quotidien à sa meilleure amie de longue date

Mon avis sur Une si longue lettre

C’est indiscutable que Mariama Bâ a su décrire avec réalisme et brio le sort réservé à la femme africaine musulmane. La polygamie étant autorisée, les épouses n’ont souvent aucun avis à émettre. Comme c’est le cas ici pour Assetou et Ramatoulaye, les deux compères. La première a vu sa belle-mère, qui n’a jamais accepté son union avec son fils, venir s’installer avec une de ses nièces sous le toit conjugal. Elle finira par convaincre son fils de prendre cette dernière comme seconde épouse.

L’une des choses qui révolte ici, c’est que la femme délaissée n’a pas le droit de protester. Elle est même encouragée par la société à « accepter » de partager son époux avec une autre femme. Mais au travers d’Assetou, Mariama nous brosse aussi le portrait d’une femme forte qui refuse de subir et de se laisser dicter sa conduite. Blessée dans son amour de femme, et armée de courage elle quitte son foyer avec ses quatre fils pour recommencer une nouvelle vie.

Peut-être que c’est ce courage qui a manqué et qui continue de manquer aux femmes qui est utilisé pour les soumettre et leur faire accepter des conditions peu valorisantes.

CONCLUSION

Il est vrai que le thème central du roman est la condition de la femme africaine et sa place dans la société. Mais l’auteure évoque aussi les mariages forcés, le manque de droits des femmes et les questions de partage d’héritage.

Mariama Bâ a produit une oeuvre importante en traitant d’un sujet sensible qui lui tenait à cœur. Et chaque femme est invitée à se questionner et se lever pour revendiquer ses droits.

Je vous encourage vivement à lire ce livre qui est touchant, réaliste et sans défauts.

Partagez

Auteur

Commentaires