Stella Attiogbe

Dix petits nègres d’Agatha Christie

Si on devait lire un seul livre au cours de notre vie, ça devrait être celui-là. Non, je rigole. « Dix petits nègres » est le thriller par excellence. Vendu à plus de 100 millions d’exemplaires, c’est le roman le plus célèbre d’Agatha et il a été adapté plusieurs fois au cinéma.

Dix petits nègres est un classique. Ou encore un chef-d’oeuvre de la littérature sous toutes ces formes ! Wow ! C’est tout ce que je peux dire pour le moment. Peut-être que la revue s’arrêtera là.

Mais disons le, la première fois que j’ai vu le titre, j’ai été un peu perplexe (africanité oblige). Mais heureusement que je ne me suis pas arrêtée aux apparences.

Ce livre m’a laissée sans voix, littéralement. Toute la magie se trouve dans les dernières pages mais le génie lui est tout au long du livre. Je ne sais pas si je pourrais m’empêcher de vous spoiler.

 

Résumé :

Dix personnes reçoivent une invitation mystérieuse sur une île encore plus mystérieuse. En effet, on ne sait pratiquement rien de l’île aux nègres. Les spéculations vont bon train, tantôt elle a été racheté par une actrice célèbre ou par un riche couple, bref on ne sait pas !

Les invités arrivent sur l’île  avec chacun une histoire, une histoire bien singulière. Mais ce qui frappe premièrement, c’est la diversité des invités. Ils sont diamétralement opposés ; on a une jeune enseignante, un très respectable et notable juge, un jeune homme fougueux, un docteur, une vieille très pieuse, un colonel, etc.

Pourtant ils ont tous une chose en commun : je ne vous dirais pas quoi.

Ils sont accueillis par un couple de domestique âgés.

Premier fait bizarre, il y’a cette comptine étrange qui est placardée dans chacune des chambres des invités. Il est plus qu’évident qu’elle décrit la manière dont nos joyeux invités mourront, mais c’est bien plus subtil que ça. C’est pour ça que j’adore Agatha.

Je me demande toujours pourquoi les gens ne prennent pas leurs jambes à leurs cous dès qu’ils voient ce genre de trucs, ça dit clairement : vous allez mourir. Moi j’aurais décampé depuis.

En effet, ils meurent, l’un après l’autre. Les morts sont tellement phénoménales qu’en lisant le livre, on a hâte que la prochaine survienne lol.

On reste encore dans ce même principe de huit clos, aucun moyen d’entrer et aucun moyen de sortir. Et comme par hasard, plus de nouvelles du bateau qui les a déposé. Le meurtrier est forcement parmi les invités, à moins qu’il ne se cache quelque part sur l’île ou dans la maison, à l’insu de tout le monde ? Raté! Tous les coins et recoins sont fouillés, mais aucune trace. C’est alors certain, le meurtrier se cache parmi eux.

 

Mais qui est le meurtrier ? 

C’est là que Agathe est une splendide romancière ! Même lorsqu’il ne reste plus que 4 invités, il est impossible de deviner qui est le coupable. On a des bribes d’histoires de chacun et on commence à comprendre pourquoi ils ont tous été réunis, sauf qu’eux ne le savent pas. Enfin ils le comprennent juste quelques secondes avant de mourir

Agatha joue avec notre cerveau et arrive à nous mener en bateau jusqu’à la fin. Elle décide de tout, même des retournements de situation les plus improbables. Et le pire, c’est que l’histoire tient la route. Tout est cohérent, encore une fois.

La découverte du meurtrier vous fera donner une standing ovation à ma très chère Agatha je vous le garantis.

Lisez le vite !

Note : 9/10. J’avais envie de mettre un 10, mais rien n’est parfait  🙂

 


Bilan 2017, une année d’attraction

 

Je ne veux pas faire un bilan classique où on parle de ce qui a marché et de ce qui a été une catastrophe. Ou encore ces bilans où on prend mille et une résolution qu’on ne tiendra pas.

Alors voici mon bilan, qui n’est pas du tout comptable. Il s’articule autour de quatre points majeurs qui ont changé dans ma vie en 2017.

  • Je me suis engagée humainement 

Abidjan, Côte d’Ivoire

Depuis des années ce désir était en moi et je ne savais absolument pas par où commencer. Je n’avais aucune idée de ce que je devais faire. Pourtant je voulais donner de mon temps et de ma personne afin d’aider les autres. Tout a commencé lorsque j’ai été recruté dans le département Social de mon église. Entre les distributions de nourriture, de vêtements aux nécessiteux et les confections de kits scolaires, j’ai été comblée. Et ça ne s’est plus arrêté, j’ai fait la connaissance de personnes formidables qui avaient ce même désir. Ensemble, nous essayons au quotidien de faire de notre mieux afin d’apporter un petit plus à quelques personnes ( Habiller un Coeur et Racines de l’espoir). Et je sais que ce n’est que le début d’une magnifique aventure.

 

  • J’ai eu une petite sœur

     

Étant la dernière de ma famille, j’avoue que je me sentais assez seule. Je ne sais pas pourquoi, mais je voulais quelqu’un qui me regarderait de la même façon que je regardais mes aînés. Quelqu’un qui compterait sur moi. À un moment, j’ai même demandé à ma mère si elle ne voulait pas faire un autre enfant. Je vous épargne sa réponse.
Mais je l’ai eu ma petite sœur. Les circonstances dans lesquelles elle est entrée dans ma vie, ou peut-être que c’est moi qui suis entrée dans sa vie sont tellement étranges que je m’y perds souvent. Tout ce que je sais, c’est qu’elle a su combler un énorme vide que j’avais. Même si elle est vraiment épuisante souvent, je l’adore.

 

  • J’ai changé de cap et je me suis trouvée

Je n’ai jamais été très douée pour savoir ce que je voulais faire de ma vie, là où j’allais. Mes passions sont tellement nombreuses et différentes que souvent j’ai l’impression d’être plusieurs personnes. Bref, au milieu de tout ce désordre, j’ai senti que j’avais besoin de me recarder. Non, j’avais plutôt besoin de trouver le but de ma vie, de me trouver. Je pense l’avoir fait, à quelques détails prêts, il y’a encore quelques réglages à faire. Mais j’ai attiré ces personnes qui on su me remettre sur la voie, qui ont su me donner une parole, un conseil. Souvent même, il a juste fallu d’une rencontre autour d’un verre pour que je sois éclairée.

Je pense à ce jeune homme qui a une vision décalée de la vie. Mais, il a su me faire comprendre qu’il fallait toujours être excellent dans le domaine qu’on vait choisi, sinon autant arrêter et faire autre chose.

Je pense à ce Monsieur qui m’a dit que tout était une question de volonté, à vous tous. Et à moi aussi, qui me suis trouvée.

À ces personnes qui m’ont appris qu’il ne fallait pas abandonner quelque soit les difficultés, à ces adultes et enfants qui on su toucher mon coeur avec juste un sourire. Merci.

 

  • Je suis plus heureuse

En 2017,  j’ai vraiment soupiré après le bonheur. C’était un peu normal après une année 2016 éprouvante et c’est peu de le dire. J’ai désiré le bonheur et je l’ai obtenu. Toutes ces choses que j’ai attiré à moi, sont celles qui ont contribué à me rendre heureuse. Étrange? Non. Enfin oui. Bref, je suis heureuse et je ne veux pas être ailleurs. J’ai donc trouvé le bonheur et je peux affirmer qu’il est dans les choses simples, les plus petites. Chaque jour qui passe me prouve que notre destinée nous appartient. Et que c’est à nous de la prendre en mains.

J’ai attiré plein d’autres choses et je ne pourrais pas toutes les mentionner ici soit parce que j’ai la flemme ou soit parce que c’est trop personnel. Je ne saurais terminer sans parler de Fall in Mode. En effet, la mode m’a toujours intéressée et l’un de mes rêves était d’être d’être rédactrice d’un magazine de mode. ( Je sais j’ai beaucoup de rêves) et bingo j’ai pu rejoindre cette magnifique équipe.

Je me dis au final que la vie qu’on veut, tout ce qu’on souhaite n’est qu’à une ou plusieurs pensées de nous. Quand je pense à tout ce que je veux encore attirer, j’ai hâte que 2018 commenc.

J’espère que vous avez tous fait votre bilan ?

Je m’arrêterais là.

Que Dieu nous bénisse.


5 raisons d’aller regarder le crime de l’Orient-Express au cinéma

 

Le film est sorti. Enfin. Plusieurs vont se ruer pour aller le regarder et d’autres pas. Peu importe le groupe auquel vous appartenez, vous avez tous un point en commun : vous ne savez absolument pas de quoi il est question. A moins que vous n’ayez lu le livre. Vous avez sûrement vu la bande annonce et croyez moi ce n’est pas suffisant. Je vous fais donc un petit résumé qui vous donnera encore plus envie d’aller le voir. Je ne vous spoilerai pas, bien sûr.

 

  • Numéro 1 :  Agatha Christie, herself

C’est la reine du suspense, elle est parfaite. Ses romans sont parfaits.

L’histoire est simple : il s’agit d’un meurtre dans un train, en marche. Des passagers qui ne se connaissent pas se retrouvent à bord du même train et l’un d’entre eux est assassiné.

Hercule Poirot devra faire preuve d’une finesse incroyable afin de démasquer le coupable. Surtout que tout semble être mis en oeuvre pour l’empêcher d’exercer son talent de détective.

 

  • Numéro 2 :  le livre lui-même

Le Crime de l’Orient-Express est dans mon top 5 des meilleurs livres. Rien que ça devrait vous convaincre d’aller voir le film. Plus sérieusement, il est époustouflant. Et si les réalisateurs sont restés fidèles à l’esprit du livre, le film devrait être tout aussi bon.

 

  • Numéro 3 : Vous ferez travailler vos méninges

Vous réfléchirez en même temps que Poirot et tout au long du film. Ça nous change des films d’action et d’amour qui sont aussi très biens, mais bon, il y en a un peu marre quoi. Si vous aimez les énigmes et les mystères assez intrigants, cette session est faite pour vous.

 

  • Numéro 4 : L’immersion

Avec le décor et le cadre, on a la possibilité de totalement se projeter dans l’histoire. On s’imprègne, on entre dans le train, et on se retrouve même à rejoindre les personnages et à mener l’enquête avec eux. On vit tous les retournements de situation.

 

  • Numéro 5 : la fin

Le dénouement vous fera ouvrir votre bouche et avaler quelques mouches. S’il y’en a dans la salle, ça voudrait dire que la salle n’est pas très propre, vous devriez donc peut-être changer en changer la prochaine fois. Bref. Rien que pour la fin phénoménale, et je pèse mes mots, vous devriez y aller. Je m’arrête là sinon je risque de vous spoiler.

Bonne séance !


Les points forts du discours d’Emmanuel Macron à Ouagadougou

Le mardi 28 novembre 2017 marquait le début de la tournée Africaine d’Emmanuel Macron. Ce premier discours dans un amphithéâtre rempli d’étudiants Burkinabés était très attendu. Et croyez moi, personne n’a été déçu.

 

On commence à s’y habituer, après chaque intervention d’Emmanuel Macron sur l’Afrique, il y a polémique. On se souvient tous de son fameux discours « civilisationnel ». Entre indignation et consternation, les émotions ont vite pris le dessus, empêchant ainsi un bon nombre de vraiment analyser ce discours.

Je me suis donc donnée la lourde tâche d’écouter ce discours en entier (presque) et de donner mon avis. Après tout c’est mon blog !

Le discours

Tout avait pourtant bien commencé. Un bel hommage à Thomas Sankara très finement choisi (tellement basique) mais qui a eu le résultat escompté (émotion dans la salle). Le président a reconnu les crimes de la colonisation, j’ai tout de suite remarqué cette façon de s’identifier à son audience afin de mieux se l’approprier « comme vous, je n’ai pas connu la colonisation ».

Il a ensuite parlé de démocratie et d’État de droit. J’ai aussi remarqué que mes frères ont tendance à se sentir inférieurs dès qu’il se retrouvent en face d’un occidental. Les étudiants applaudissaient à tout bout de champ sans aucune raison valable. Mais ce n’est qu’un détail.

Allons à l’essentiel

Son discours était très cru et réaliste, il n’a pas cherché à embellir les choses. Il a tout simplement mis les Africains devant les faits et les réalités vu que tout seul nous n’y arrivons pas.

Il a parlé de l’avenir de l’Afrique, il a dit qu’il venait écouter la jeunesse partout où elle se trouvait et aussi « proposer d’inventer une amitié pour agir » (je n’ai pas trop compris ce dernier point).

Le président a aussi fait une liste des « périls de l’Afrique »

  • Le terrorisme

Il a rappelé les différentes attaques qui avaient eues lieu aussi bien en Europe qu’en Afrique.

  • Les conflits politiques

Il a mentionné les conflits intérieurs, le problème de la démocratie en Afrique, vous savez, ces présidents qui font 38 ans de règne sans partage, qui changent la constitution comme si c’était un simple emploi du temps ou encore ceux qui aiment bien faire des coups d’État.

  • L’obscurantisme

J’avoue que là, j’ai un peu tiqué. Selon le président, l’emprise de l’extrémisme religieux est bien plus redoutable que le terrorisme lui-même et qu’il détournerait de la foi. Il a proposé de faire barrage à l’extrémisme religieux et à le combattre.

  • L’éducation

Un point crucial que j’ai adoré. Il a insisté sur l’éducation de la jeune fille et a affirmé qu’il soutiendrait tous ceux qui rendront la scolarité des jeunes filles obligatoire. Il a parlé d’octroyer plus de bourses aux jeunes filles et d’avoir des jeunes femmes qui seraient libre de choisir leur avenir.

  • La démographie

Rires et murmures dans toute la salle, le président lui aussi rigole, on comprend pourquoi.

Mais c’est un point central et comme l’a dit Emmanuel Macron « ne pas en parler, c’est irresponsable ».

Il a dénoncé le mariage des filles à 13 ou 14 ans qui ensuite se retrouvent avec plus de cinq enfants alors que cela n’est aucunement leurs choix.

Nous devons y remédier parce que l’Afrique d’ici 2050, ça sera « 450 millions de jeunes à insérer dans le marché du travail ».

  • Il a aussi parlé d’égalité hommes et femmes, de santé, de changement climatique et de mobilité des étudiants et des travailleurs.

Je retiens que comme tout bon politicien, Emmanuel Macron sait jouer avec son public et étudier sa cible.

En bonus : Top 5 de mes phrases préférées du discours

  1. Le président de la République Française n’a pas à expliquer dans un pays Africain comment on organise la Constitution, les élections ou la vie libre de l’opposition. (Vous voyez un peu la subtilité ou pas ? )
  2.  Posez vous bien la question, partout vous avez sept ou huit enfants par femmes. Est-ce qu’à chaque fois dans chaque famille vous êtes bien sûrs que c’est le choix de cette jeune femme ? Je veux partout en Afrique qu’une jeune fille puisse avoir le choix de ne pas être mariée à 13 ou 14 ans et commencer à faire des enfants.
  3. Interrogez vous sur le sous-jacent psychologique qu’il y a derrière votre interpellation. Vous me parlez comme si j’étais toujours une puissance coloniale. Mais moi je ne veux pas m’occuper d’électricité dans les universités au Burkina-Faso. C’est le travail du président.
  4. Il ne faut pas avoir des discours simplistes sur des questions compliquées (en parlant du FCFA). N’ayez pas sur le FCFA une approche bêtement post-coloniale ou anti-impérialiste.
  5. Et en Libye qui sont les trafiquants ? Posez-vous quand même la question. Vous êtes incroyables, jeunesse Africaine. Ce ne sont pas des Français qui font les passeurs en Libye. Il y a des Africains qui esclavagisent d’autres Africains et des Européens qui en profitent.
  6. Je ne sais pas dans quelle filière vous êtes mais à mon avis si vous faites histoire, il va falloir bosser dur pour la fin de l’année.  (Fallait que je rajoute cette dernière phrase).

 

Ce fut un très beau discours qui a mis en lumière les lacunes de l’Afrique. J’espère que l’Afrique elle même saura y apporter ses propres solutions.

J’ai hâte d’entendre les prochaines interventions du président durant cette tournée Africaine.

 

Mes sources :

https://www.rfi.fr/afrique/20171129-burkina-faso-france-emmanuel-macron-discours-president-francais-tournee-africaine

https://www.youtube.com/watch?v=3T33hf-nMm8&t=460s

https://www.youtube.com/watch?v=UXpJ8t-a0lQ