Stella Attiogbe

Autopsie d’un kidnapping de Robert Bloch

Première de couverture,
Crédit : Moi

Autopsie d’un kidnapping est l’oeuvre de Robert Bloch. C’est le genre de roman qu’on lit et on se dit que l’auteur est lui-même un redoutable psychopathe en liberté. Je vous explique rapidement. (enfin presque)

Dès les premières pages, on sent un danger qui plane. Steve est de prime abord un de ces types qui n’a pas l’air d’être seul dans sa tête et qui peut se transformer en manipulateur puis en criiminel, ce qu’il fera.

On fait la rencontre, à travers le livre bien sûr, d’un homme qui ne sait pas trop quoi faire de sa vie, un homme qui voue une certaine haine à la vie en général. D’une enfance normale, ils bascule dans la criminalité, on se dit que tout part de là, tout aurait pu être évité si et seulement si son père lui avait permis d’acheter cette foutue moto. Mais en même temps il y’a tellement de conditions au travers de ces pages qui auraient pu éviter le drame qu’on se dit finalement que tout dans sa vie et son parcours l’avaient préparé à ça.

Mais de quel drame parle t-elle ?

Comment vous le raconter sans vous spoiler le roman ? Disons que Steve rencontre Mary Adams, une jeune nurse, stupide et même très qu’il arrive facilement à embobiner. Lavage de cerveau, bref elle tombe follement amoureuse de lui. Il y’a aussi Specs ce gars je l’imagine boutonneux et laid. Il n’a pas confiance en lui, c’est le genre de gars qui n’hésitent pas à se faire lobotomiser par un gourou pour ensuite adhérer à une secte. Steve décèle aussitôt la faille et va faire semblant de le prendre sous son aile pour mieux le manipuler.

Tout commence lorsque notre héros découvre que sa petite amie s’occupe d’une fillette dont les parents sont immensément riches. Dès lors, ils commencent à lui poser des tas et des tas de question sur le couple, bien sûr notre idiote ne comprend pas ce qui se trame. Steve quant à lui, a déjà une idée claire : kidnapper la fillette et demander une rançon. Il se met alors à bûcher, il passe ses journées dans une librairie, passant en revue les plus célèbres histoires de kidnapping. Il veut tout savoir de ces illustres prédécesseurs afin de commettre le crime parfait. Au sortie de ses révisions, il a un plan infaillible. Il a tout prévu, il a noté et il a compris pourquoi les criminels se faisaient toujours prendre :

  • Ils s’enfuient aussitôt que le forfait est commis. Alors lui il décide de rester dans le nez de la police qui sera occupé à le chercher ailleurs. Ingénieux n’est ce pas ?
  • Les criminels ont tendance à délaisser leur boulot, leur quotidien ce qui fait immédiatement lever les soupçons sur eux.

En gros il a tout prévu, mais on le sait tous, il n’y a pas de crime parfait

Aidé donc dans sa sale besogne par Mary et Specs, ils vont organiser le rapt de cette fillette. Dans les moindres détails.

Il avait tout prévu sauf l’imprévu. Dès cet instant, tout n’est qu’improvisation, jonglage qui le conduira certainement à commettre une erreur fatale.

En résumé

L’auteur nous donne un aperçu de l’intérieur du cerveau d’un psychopathe. Le narrateur est un grand manipulateur qui sait convaincre et persuader ses proies, il sait prédire d’avance leurs réactions ce qui lui permet d’anticiper et surtout, il est doté d’un énorme sang froid et d’une intelligence hors norme.

L’auteur a voulu nous amener à comprendre pourquoi les plus grands criminels agissaient ainsi, et la raison est très banale et incroyable ; ils se sentent seuls et ils ont juste besoin d’avoir quelqu’un ou une famille. Un besoin.

C’est évident que je vous recommande ce livre. 7.5/10


« Note d’Espoir », un beau regard sur les enfants handicapés de Côte d’Ivoire

Page Facebook, Note d’espoir.

Le lundi 30 octobre, j’ai eu la chance d’assister à la cérémonie de présentation officielle du film documentaire « Note d’Espoir », placée sous le patronage de Mme Mariatou Kone, ministre de la Femme, de la Protection de l’Enfant et de la Solidarité.

Le film avait pour but principal d’informer la population sur la situation des enfants handicapés de Côte d’Ivoire.

J’en suis ressortie émue mais surtout informée. Il est donc normal que je partage avec vous ce que j’ai appris.

Pourquoi « Note d’Espoir » ?

Comme je le disais, « Note d’Espoir » est un documentaire d’une durée de 52 minutes . Il a été réalisé par M. Gilbert Philippe Ohouot Assi et par la maison de production Incrust. A travers leurs différentes réalisations, ils se sont fixés comme objectif de « rendre communicationnels tous ces fait sociaux qui minent notre environnement immédiat ».

« Note d’Espoir » s’inscrit dans cette lignée de documentaire qui a pour but non seulement de sensibiliser, d’éveiller les consciences mais aussi de dénoncer et d’énoncer la réalité.

Dénoncer parce que jusqu’à présent, mettre au monde un enfant handicapé ou ayant des déficiences mentales dans plusieurs pays d’Afrique est considéré comme un mauvais sort lancé par des esprits maléfiques ou une malédiction qui s’abattrait sur la famille. Ces enfants sont alors rejetés, isolés, certains mêmes sont abandonnés dans les forêts ou sacrifiés. On pourrait penser que cela ne se passe que dans les villages reculés où la population croit encore aux génies ou autres, mais force est de constater que même dans nos villes dites urbanisées, ces enfants et leurs parents n’échappent pas à des regards dédaigneux, moqueurs ou remplis de méchancetés.

Les différents types de handicaps présents chez les enfants

Enfant, Guy, Sommes Handicapés, Béquille, Sourire, Pixabay

Le film-documentaire nous a présenté les différentes maladies qui touchent les enfants dès la naissance.

  • La trisomie 21 ou syndrome de Down

C’est une anomalie génétique due à la présence d’un chromosome en trop sur la 21e paire de chromosomes. L’enfant trisomique a donc 47 chromosomes au lieu de 46. Cette anomalie se traduit par une déficience intellectuelle, un retard dans le développement et des traits physiques particuliers (trop grande nuque, malformation de certains membres). C’est une maladie incurable même si un traitement adapté peut aider le patient à améliorer son état.

  • L’infirmité motrice cérébrale (IMC)
C’est une maladie congénitale due au développement anormal du cerveau, souvent avant la naissance. Les symptômes possibles incluent des réflexes exagérés, des membres rigides ou pendants, et des mouvements involontaires. Ces symptômes apparaissent dès la petite enfance. Le traitement à long terme repose sur la kinésithérapie et d’autres thérapies, mais aussi sur la prise de médicaments, et parfois la chirurgie. Elle est elle aussi incurable.
  • L’autisme 

Difficile à définir, selon l’OMS il s’agit d’un « trouble du développement caractérisé par des perturbations dans les domaines des interactions sociales, de la communication, une sensibilité émotionnelle différente et par des comportements, intérêts et activités au caractère restreint, répétitif. » Les enfants atteints d’autisme ont une vie sociale et relationnelle difficile, une communication perturbée et ont souvent des crises violentes.

  • Trouble d’audition et du langage
  • Épilepsie
  • Polyhandicap

Les causes des maladies

Contrairement à ce que plusieurs pensent, ces déficiences ne proviennent pas de mauvais esprits et ne sont pas toujours la faute des parents. Les causes sont d’origine pré-natales ou post-natales :

  • Grossesse non suivie, stress, mère alcoolique ou mauvaise hygiène de vie,
  • Lors de l’accouchement, lorsque le travail est trop long, l’enfant rentre en souffrance cérébrale,
  • Terme dépassé ou accouchement pénible et difficile,
  • Répétition de crises d’épilepsie dès le bas âge entraînant une défaillance du système nerveux.

Il y a aussi des facteurs génétiques qui sont souvent en cause comme c’est le cas de la trisomie 21. Il faut donc faire des consultations pré-natales le plus tôt possible, faire bien suivre sa grossesse et consulter immédiatement dès que l’enfant présente certains signes ou une croissance qui diffère de la normale.

Le parcours de ces enfants héros

Ils sont appelés enfants héros plutôt qu’handicapés. Même si cela ne change pas grand chose à leur état, c’est un moyen de les valoriser et de faire comprendre à tout le monde qu’ils sont tout simplement comme nous.

Ils ont entre 0 et 18 ans, accompagnés de leurs parents au quotidien, ils se battent pour être autonomes un jour. A travers le documentaire, nous avons suivis le parcours et l’évolution de Paul-Isaac, Olivia, Mélissa et Jean-Baptiste.

Ils font preuve d’un grand courage et les parents sont à féliciter. Olivia, atteinte de trisomie 21 qui n’arrivait à rien faire peut maintenant tenir une maison, faire diverses tâches et avoir une conversation où elle arrive à se faire comprendre. Tout ça grâce à l’aide spécialisée qu’elle a reçu dans les centres de réinsertion.

Jean-Baptiste, atteint d’IMC, a trouvé grâce au sport un moyen de s’ouvrir, de s’affirmer et surmonter sa maladie au quotidien. Il a même été médaillé aux jeux nationaux Ivoiriens.

M. Baldé avait son enfant qui ne pouvait ni marcher ni s’asseoir, il le mettait au dos chaque jour afin de le conduire au centre. Aujourd’hui, l’enfant arrive à marcher. Il a dû surmonter les regards et les insultes. Il a déclaré : « plus j’entends les gens critiquer et se moquer de mon enfant, et plus l’amour que j’ai pour lui augmente. » J’avoue que là j’ai versé une larme, toute petite.

Entre séances de réeducation et d’aprentissage, éducateurs spécialisés et visites médicales, ces héros essaient de surpasser leurs déficiences.

Les méthodes utilisées pour améliorer la vie de ces enfants

L’avancée de la médecine a permis de pouvoir détecter ces cas plutôt afin d’entamer un traitement. Après l’évaluation de la situation de l’enfant, le traitement est d’abord éducatif ou réeducatif, avant de penser aux médicaments ou autres. Il passe par des jeux, par la parole et des activités pour améliorer les relations sociales.

Le traitement se fait en quatre approches :

  • Psycho-motrice, qui consiste à faire faire toute sorte de mouvements à l’enfant dans le but d’oxygéner au maximum son cerveau,
  • Cognitive : avec l’aide d’éducateurs spécialisés, les enfants se livrent à plusieurs jeux éducatifs dans le but d’apprendre et de développer leur esprit,
  • Ortophonique : les enfants apprennent à prononcer et à émettre correctement différents sons,
  • Psycho-sociale : cette approche se focalise sur les relations sociales et a pour but de permettre aux enfants de socialiser.

L’un des objectifs majeurs recherché lorsque les parents se tournent vers les centres spécialisés, c’est l’autonomie de leurs enfants et que ceux-ci arrivent à reprendre le chemin de l’école un jour. Lorsque c’est fait, les parents, les thérapeutes et l’école ont chacun leur rôle à jouer afin que l’enfant puisse garder un équilibre et continuer à faire des progrès.

Il faut aussi une assiduité des parents aux diférentes séances de réeducation.

Détection, sensibilisation et centres spécialisés

Lorsque les cas sont détectés assez tôt, il y a plus de chance pour que les lésions soient moindres et mieux traitées. Raison pour laquelle il faut une sensibilisation massive afin d’informer le maximum de personnes.

Il ne faut plus cacher les enfants et il faut que les parents les envoient vers des spécialistes, afin que les prises en charge soient faites au plus vite. Certains parents n’y vont pas parce qu’ils pensent que les coûts sont exorbitants, alors qu’il y a des prix sociaux qui sont pratiqués.

Les parents ne doivent pas avoir peur ou honte. Ils doivent au contraire surmonter le regard des autres afin d’aider leurs enfants.

Il existe 36 centres spécialisés en Côte d’Ivoire, dont huit à Abidjan. Les autres sont répartis sur tout le territoire. Les centres, au travers de leur soutien et accompagnement, visent principalement l’autonomie et la socialisation des enfants.

Ils essaient aussi de stimuler les enfants afin de réveler des talents cachés et de les réinsérer dans la société. Parmi les plus connus à Abidjan nous avons :

  • L’Institut National de la Santé Publique à Adjamé (Abidjan),
  • La Page Blanche,
  • Le Centre la Colombe,
  • Centre Hospitalier de Yopougon.

Il existe aussi un manuel de guide et de suivi afin d’apprendre aux personnels adaptés les différentes techniques pour prendre soin des enfants.

Petits conseils d’un parent d’enfant héros à d’autres parents 

  • Ne pas avoir honte de son enfant,
  • Éviter de reporter l’handicap de son enfant sur soi,
  • Ne pas avoir peur de sortir l’enfant en public,
  • Éviter de mettre des différences entre vos enfants,
  • Ne pas se replier sur soi-même,
  • Chercher des centres spécialisés.
Boy handicapés, Public Domain Pictures

Les préjugés et stigmatisations doivent cesser, les regards et discours peu encourageants dovent s’arrêter. Il faut exposer ce problème, en parler aux populations pour que les rejets et sacrifices de ces enfants cessent. Le combat n’est pas facile et certains parents sont désorientés, démunis et s’enfoncent dans le désespoir. Nous povons faire quelque chose, ne serait-ce qu’en allant visiter certains de temps en temps ou en faisant des dons.

Ils ont droit à une vie, tout simplement parce que ce sont des êtres humains. Alors agissons maintenant.

 

Source : « Note d’Espoir »

Voir le site Enfant-different.org


Mort sur le Nil d’Agatha Christie

Agatha Christie- Mort sur le Nil

Par où commencer ?

C’est le premier roman de l’auteure que j’ai eu à lire et cette lecture a confirmé sa réputation de génie. J’ai découvert Agatha Christie très jeune, grâce aux films et aux mini-séries (des adaptations de ses livres) et je suis tombée sous le charme de son esprit. Pourquoi avoir mis autant de temps avant de lire ses chefs-d’oeuvre ? C’est un délit !

Lorsque j’ai décidé de commencer la lecture d’Agatha Christie, j’ai recherché quels pouvaient être ses meilleurs livres. J’ai choisi Mort sur le Nil, à cause du titre. J’ai voulu savoir tout ce qu’il pouvait renfermer. Quand on se plonge dans l’univers d’Agatha Christie pour la première fois, c’est un peu étrange : les premières pages peuvent paraître longues, mais lorsqu’on passe cette étape, tout devient très logique.

 

Ma très chère Agatha aime bien commencer par une description des différents protagonistes de l’intrigue…

Chacun des personnages est dépeint dans son propre environnement. Les descriptions sont tellement bien faites qu’on a l’impression de les connaître : on comprend leur manies, on sait la manière dont ils sont vêtus, on a même l’impression d’entendre leurs voix !

Mais ne nous éloignons pas du sujet et revenons à notre Mort sur le Nil. L’histoire ne commence pas en Egypte mais en Angleterre. On découvre Linette Ridgeway, une jeune et riche héritière (pléonasme lol), belle, blonde, élégante, bref une jeune femme époustouflante (elle a vraiment tout pour elle). Les hommes la remarquent et elle en joue, son apparence et son attitude rendent les femmes jalouses. On apprend qu’elle a acheté le château d’un homme qui connaissait des difficultés financières ; le fils de cet homme est amoureux d’elle et envisage de l’épouser. Tableau déjà riche en informations dont on comprend qu’il pourra créer des situations suspectes…

Tous les personnages sont décrits selon un ordre particulier

Le lecteur peut ainsi en apprendre beaucoup sur chacun et déjà se faire sa propre idée. Dans Mort sur le Nil, on découvre pas moins de quatorze personnages, mais seulement douze continueront l’aventure.

Quelques exemples :

  • Joanna Southwood, qui est décrite comme une fille intéressée et aux moeurs légères.
  • Jacqueline de Belfort, meilleure amie de Linnette (la jeune héritière), brune avec un tempérament assez vif. Elle est très amoureuse de Simon Doyle, son fiancé et ils envisagent de se marier. Elle vient proposer à son amie d’embaucher Simon comme intendant afin qu’ils puissent se faire un peu de sous pour le mariage.
  • Mrs Allerton et son fils Tim qui est le cousin de Mlle Joanna. Ces deux derniers semblent avoir une relation malsaine que la mère n’apprécie guère.
  • Miss Van Schuyler, qui adore les beaux colliers, et sa dame de compagnie Miss Bowers, ainsi qu’une nièce un peu pauvre, Cornélia Robson.
  • Mrs Otterbourne (un peu extravagante) et sa fille Rosalie, une adolescente morose qui est très jalouse à Linette Doyle.
  • L’homme d’affaire de Linette, Andrew Pennington qui se retouve, comme par hasard, en Egypte lorsqu’il apprend que cette dernière s’est mariée.
  • L’avocat de Linette, Wiliam Carmichael, qui décide d’envoyer son associé, Jim Fanthorp, en Egypte, dès qu’il apprend que l’homme d’affaire de Linette se trouve aussi là-bas. Décidément…

Ah, j’ai failli oublier le très célèbre détective Belge, Hercule Poirot !

Et comme par hasard, tout ce beau monde a une envie soudaine d’aller en Egypte !

Notons que Linette s’y rend pour sa lune de miel (oui, entretemps, elle a volé le fiancé de sa meilleure amie Jacqueline et l’a épousé).

Avant même le début de l’enquête

Agatha nous donne une petite tâche : deviner qui va se faire tuer. J’avoue que c’était facile, mais je n’ai pas réussi. Bien entendu, c’est Linette qui meurt. Non je ne vous spoile pas !

La trame se déroule sur un bateau, nous sommes à huit clos. Quelques escales lors du voyage et des ruptures dans la trame du récit permettent des changements de rythme et de lieux. Mais le huit clos, c’est le genre de décor qu’Agatha aime, ça permet tout de suite de limiter le nombre de suspects aux personnages présents sur les lieux et à ne pas s’éparpiller avec un criminel venant de l’extérieur.

Je me suis cependant posée une question : Hercule Poirot faisant partie du voyage, l’assassin décide quand même de commettre son crime… Était-ce impossible de faire machine arrière ? Était-ce une question de vie ou de mort ?

Ce qui est bien avec Agatha Christie

Ce qui est bien avec Agatha Christie c’est qu’on est jamais au bout de nos surprises et que tous les personnages semblent être suspects jusqu’à l’avant-dernière page. Je ne vous parle pas de tous les retournements de situation et des coups de théâtre. Une autre chose que j’ai adoré, c’est que même lorsque tu penses avoir trouvé le coupable, l’auteure arrive à te faire douter ou même  changer d’avis en présentant un alibi à ce présumé coupable. Tout est dans le détail et la finesse. Tous les personnages avaient une raison de vouloir voir morte la richissime Linette Ridgeway, devenue Mme Doyle. Une fois encore, tout est tellement évident…  alors que le lecteur se lance dans de grandes élucubrations qui s’avèrent totalement fausses !

Quant à moi, j’avais vu juste, à 50 %… Je parie que vous ne trouverez pas non plus.

J’ai adoré lire ce livre, il mérite un 8.5/10 (parce que la fin était un peu trop irréelle, trop vite montée).

Je vous recommande ce livre, je vous garantis que vous ne le lâcherez pas tant que vous ne saurez pas qui est l’assasin.

Indice : non je déconne !

 

 


Le langage (soutenu et particulier) des Ivoiriens (2)

Des enfants de la Côte d’Ivoire

Je suis de retour pour la deuxième leçon de ce sujet très palpitant. 

Comme je le disais dans mon précédent billet, ce sujet est assez vaste, ce qui me fait beaucoup hésiter quant aux mots à mettre en avant  et ceux qui sont à laisser de côté. Mais comme on le dit à Abidjan « trop parler donne dagbê » (Le dagbê fait référence aux petites plaies qui apparaissent aux coins des lèvres). Donc, on y va !

Règle 1 : en Côte d’Ivoire, la négation à 50% tu utiliseras.

Je vous explique, l’Ivoirien aime gagner du temps, alors pourquoi en perdrait-il à articuler correctement alors qu’il peut tout simplement omettre des mots ? Mais je pense que les Ivoiriens ne sont pas les seuls à supprimer la négation (qui est le « ne…pas »). Vous entendrez donc souvent et vous verrez aussi à l’écrit :

  • Je veux pas : Je ne veux pas
  • J’ai pas envie : Je n’en ai pas envie
  • J’aime pas : Je n’aime pas
  • J’ai jamais : Je n’ai jamais.
  • Je suis pas parti (e) : Je ne suis pas parti(e)

 

Les ivoiriens sont aussi créatifs avec les pronoms :

  • Le « je » devient « ye » (Ye m’en vais)
  • Le « J’ai » devient « yai » (Yai faim)
  • Le « Tu » devient « ti » (Ti as mangé ?)

 

Règle 2 : En Côte d’Ivoire, les articles, tu n’en raffoleras pas 

Non ce n’est pas un mythe, les articles sont un peu nos ennemis, et on les place souvent à la fin du nom. Étrange non ?

  • Pain là : Le pain
  • Je m’en vais payer pain (oui on utilise rarement le verbe acheter en Ivoirien, on préfère tout payer) : Je pars acheter du pain
  • Donne-moi cuillère : Donne-moi une cuillère
  • Je veux l’argent ( l’argent se prononce « la-ent ») : Je veux de l’argent

Règle 3 : En Côte d’Ivoire, les questions, tu les raccourcieras.

Comme je vous le disais, on a pas temps tchai (on n’a pas de temps) et tchai est une onomatopée ivoirienne qui exprime l’agacement, lol. Peut-être que je ferai un article spécial sur les onomatopées ivoiriennes. Mais bref…

Plus les questions sont courtes et plus tu as une chance de te faire comprendre !

  • Qu’est ce que tu veux que je fasse ? (vous voyez que c’est long…)  : De faire quoi ? (Si simple !)
  • Qu’est ce qu’il y a ? : Y’a quoi ?
  • Qu’est ce qui cloche/ne va pas chez toi : Tu as quel problème ? (Vous entendrez aussi « tu as quoi en coeur« ?)
  • Qui-est-ce ? : C’est qui ?
  • Qu’est ce qui se passe ici : Y’a quel ? ( veut dire « truc, problème, situation »)
  • Tu veux que je parte / te laisse ? : De partir / De te laisser ? (je sais, c’est étrange)
  • D’où est ce que tu viens ? : Tu es quitté où ? (J’avoue que là, même moi ça me dépasse ..)

 

Bonus (parce que je suis gentille)

  • La nourriture couchée : se dit d’un repas qu’on a mangé la veille et qu’on va manger le matin suivant.
  • Un Wôrô-wôrô : Taxis communaux
  • Il chauffe mon coeur : Il m’énerve à un point crucial.
  • Un ropéro : Se dit d’une personne qui suit une autre à cause de son argent ou de ses relations.
  • Viens on va daba : Je t’invite / Viens qu’on mange.
  • Je vais te daba : Je vais te frapper / Te battre.
  • Zailler : Faire n’importe quoi (j’ai zaillé, tu as zaillé, etc..)
  • Braiser quelqu’un (à ne pas confondre avec du poisson braisé) : Critiquer, calomnier cette personne.
  • A l’heure là : A cette heure-ci
  • Un lalé, bingo, bescla : Un téléphone portable.
  • Juskaaaaa (on rajoute les « a » en fonction de la gravité de la situation)  : Jusqu’à ce que.
  • Dès que dès que (lol, on abuse) : Dès que possible
  • Être moisi / Piqué / Galère : Ne pas avoir d’argent
  • Paé : Parce que (Exemple : Je suis sortie paé je devais aller au marché.)

 

Et pour finir, en Côte d’Ivoire, on ne dit plus « merci » mais « Maannnciii » (vous pouvez rajouter autant de « a », de « n » ou de « i » que vous voulez ou écrire « manci » tout simplement ). Donc maanccii à vous d’avoir lu mon article. On s’attrappe après !